La Caisse d'Epargne dans la tourmente

Lundi 27 Octobre 2008 - Actualités sur l'épargne retraite

La Caisse d'Epargne dans la tourmente

La semaine dernière, la Caisse d'Epargne annonçait une perte de près de 600 millions d'euros, à cause d'une erreur de plusieurs salariés. Les dirigeants de la banque ont ensuite démissionné.

 
Le 17 octobre dernier, la Caisse d'Epargne annonçait une perte de plusieurs centaines de millions d'euros. « Du fait de l'extrême volatilité des marchés et du krach boursier de la semaine du 6 octobre, la banque a connu un important incident de marché dans l'activité dérivés d'action qui s'est traduit par une perte de l'ordre de 600 millions d'euros », déclarait la banque dans un communiqué.
 
Perte véritable de 751 millions ?
Quelques jours plus tard, une enquête menée par l'inspection générale des Caisses d'Epargne révélait que la perte totale s'élevait à 695 millions d'euros. Ce chiffre est aujourd'hui à nouveau revu à la hausse pour atteindre 751 millions d'euros. Il provient selon l'AFP, d'une plainte déposée contre X par la Caisse Nationale des Caisses d'épargne (CNCE) pour abus de confiance faisant référence à une telle somme.
 
Cet « incident de marché », est du selon les premières enquêtes, à une erreur collective imputable à plusieurs traders de la banque. En effet depuis avril dernier, la Caisse d'Epargne avait décidé d'arrêter ses activités de trading sur compte propres (c'est à dire d'investir sur les marchés avec les fonds propres de la banque). Cependant, « une équipe de cinq ou six personnes est allée au-delà des ordres de la direction » a expliqué la Caisse d'Epargne qui a précisé que ces personnes avaient été mises à pied ou ne travaillaient pas actuellement ».
 
A l'annonce de cette perte colossale, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'est déclarée « particulièrement frustrée, découragée de la survenance de cet événement », au moment même où le gouvernement lance son plan de soutien aux banques face à la crise financière.
 
Démissions des dirigeants
Les conséquences immédiates de l'annonce ont été la démission des dirigeants de la banque. Ainsi Charles Milhaud le président, Nicolas Mérindol le directeur général et Julien Carmona chargé des finances et des risques, annonçaient leur démission suite à la réunion du extraordinaire conseil de surveillance le 19 octobre*.
 
Ces démissions avaient été souhaitées par le gouvernement. Ainsi juste après l'annonce le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy avait déclaré « les responsables doivent en tirer les conséquences. Mon sentiment est que ce n'est pas acceptable, que tout ceci montre l'inconséquence de l'absence de prise de responsabilité ».
 
Sanctions et enquêtes
Outres ces démissions, Christine Lagarde a part ailleurs assuré que des « sanctions » seraient prises. Ce samedi 25 octobre, la ministre a précisé son propos, déclarant lors d'une interview sur la chaîne LCP-AN qu'il y aurait très probablement des « sanctions d'ordre pécuniaire » prises à l'encontre de la Caisse d'Epargne.
 
Dernier élément en date, selon le journal l'Express le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, suite à la plainte de la CNCE. L'enquête «vise à déterminer le mécanisme qui a conduit à cette perte et à rechercher d'éventuelles responsabilités pénales » a indiqué le parquet de Paris. Le rapport d'étape réalisé par la commission bancaire a fait apparaître de « graves lacunes dans le système de contrôle »

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