Pénibilité : le privé rallie le public dans la grève

Jeudi 22 Novembre 2007 - La retraite par métier

Pénibilité : le privé rallie le public dans la grève

Alors que les agents SNCF, RATP et EDF-GDF sont en grève depuis une semaine pour conserver leurs régimes spéciaux de retraite, certaines branches professionnelles du privé, comme le BTP et la chimie, ont rallié le mouvement revendiquant un « régime spécial pénibilité ».

 
« La pénibilité fait qu'un ouvrier meure en moyenne 7 ans plus tôt qu'un cadre ». C'est cet argument choc, qui a été repris sur les tracts de la CGT Construction, mobilisée ce mardi afin d'obtenir de meilleurs conditions de départ en retraite.
Une délégation du syndicat s'est ainsi rendu au siège de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) à Paris, afin d'obtenir la retraite à 55 ans, après 20 ans de travaux pénibles. Premier syndicat du secteur, la CGT a réussi à lancer une trentaine de manifestations à travers la France.
En 2006, dans ce secteur, « le nombre d'accidents du travail avec arrêt a atteint 124 236, en augmentation de 4,1% », a déclaré à l'AFP Eric Aubin, secrétaire général de la CGT-Construction, soulignant que 159 décès avaient été dénombrés l'an dernier, « auxquels il faut ajouter les 48 salariés intérimaires victimes d'un accident mortel ».
 
Plusieurs branches se mobilisent
La CGT-Construction a ainsi suivi la CGT-Chimie qui avait lancé le mouvement pour les branches professionnelles du privé la semaine dernière. La CGT-FNIC (Fédération nationale des industries chimique) plaidait également pour un régime spécial de retraite anticipée, « pour tous les salariés exerçant un travail pénible quelle que soit la branche », pouvait-on lire dans un communiqué. Les syndicats CGT des sociétés Dalkia, Cofathec, Suez, Elyo, Idex, Novergie, Sita Proxiserve , Socram ont également répondu à l'appel. Enfin la CGT Verre-céramique s'est aussi mobilisée mardi. Dans son appel au débrayage, le syndicat rappelle que « la négociation sur la retraite anticipée pour les travaux pénibles dure depuis plus de 3 ans ».
 
Des négociations enlisées
Ces négociations ont en effet été prévue dès 2003 par la réforme Fillon. Ouvertes en 2005, elles se sont depuis enlisées, n'ayant toujours pas réussi à dresser une liste précise des métiers dits « à risque ». Dernier épisode en date : le 22 octobre dernier, la réunion de négociation prévue entre partenaires sociaux et le Medef avait été reportée, suite à la démission de Denis Gautier-Sauvagnac, impliqué dans l'affaire des caisses noires de l'UIMM.
Pour la CGT Verre-Céramique «  Il est grand temps de répondre aux revendications légitimes de ces salariés usés par le travail pénible et qui dans bien des cas ne peuvent pas profiter de la retraite soit parce qu’ils meurent avant 60 ans soit parce qu’ils sont en très mauvaise santé lorsqu’ils ou elles y parviennent ».

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