Les syndicats dans l'attente

Lundi 29 Octobre 2007 - La retraite par métier

Les syndicats dans l'attente

Après une nouvelle série de rencontres entre le gouvernement et les syndicats sur la réforme des régimes spéciaux, les partenaires sociaux attendent des réponses. Ils doivent se réunir de nouveau ce mercredi. Plusieurs d'entre eux envisagent déjà une nouvelle grève.


De mercredi à vendredi dernier, une deuxième série de négociations s'est tenue sur la réforme des régimes spéciaux entre le ministre du travail Xavier Bertrand et les syndicats : CFDT, CGT, Unsa, CGC, CFTC et FO (seul Sud n'avait pas été convié).
Les syndicats étaient conviés par le ministère à faire des propostions sur un document d'orientation, tout en étant avertis que les grands principes de ce document - l'allongement de la durée de cotisation à 40 ans, l'instauration d'un système de décote et de surcote et l'indexation des pensions sur les prix - étaient « non négociables ».
Xavier Bertrand a désormais jusqu'à mercredi 31 octobre, jour d'une nouvelle concertation syndicale SNCF, RATP et énergie, pour leur donner des réponses et les convaincre de ne pas entamer une nouvelle grève, qui semble se profiler.

« Double discours »
En effet, si la CFTC, l'Unsa et la CFDT, bien que globalement déçues par ces rencontres, attendent des réponses, certains autres syndicats, comme FO, n'attendent plus rien du gouvernement « C'est la troisième rencontre avec le ministre et on a l'impression d'être devant une situation de blocage », a ainsi déclaré Bernard Devy, secrétaire confédéral à FO, vendredi. Dans un communiqué d'aujourd'hui, le même syndicat dénonce « le double discours du gouverment : aux médias, le ministre du Travail affirme qu’il est tout à fait disposé à négocier sur la réforme des régimes spéciaux. Devant les syndicats, c’est : circulez, il n’y à rien à voir».
Sous la menace d'une nouvelle grève, les directions de la SNCF et de la RATP ont invité les organisations syndicales à négocier. A la RATP, seuls l'Unsa et la CGC ont accepté de discuter avec l'entreprise aujourd'hui. De son côté, la SNCF a annoncé deux réunions les 6 et 12 novembre auxquelles seuls la FGAAC et la CFTC ont accepter de participer.

Division d'un côté, confusion de l'autre...
Cette division des syndicats pourrait mettre en péril l'organisation d'une nouvelle mobilisation d'importance. Du côté du gouvernement, la tension est palpable. Pour preuve, une déclaration de Nicolas Sarkozy, qui vendredi est allé à la recontre des cheminots dans plusieurs dépôts SNCF de la banlieue parisienne, a semé le trouble. « Les 40 ans s’appliqueront à tout le monde, en revanche, les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s’appliquer que pour ceux qui ne sont pas déjà rentrés à la SNCF. » Et un syndicaliste de FO de s’étonner : « Ah, mais ça c’est nouveau ! »
Dans la soirée le gouverment confirmait que les principes du document d'orientation restaient inchangés, démentissant du même coup les propos du président.

Cela n'a pas empêcher les syndicats de prendre Nicolas Sarkozy au pied de la lettre. Ainsi Didier Le Reste, secrétaire CGT-Cheminots l'a vivement critiqué : « J’ai pris acte. Quand même, tout cela n’est pas très sérieux. A force d’agitation chronique, à force de vouloir parler sur tout, il en balance pas mal des bourdes. Il s’est déplacé avec une compagnie de CRS, une nuée de caméras, pour un exercice de communication qui relève de la provocation, sur des sujets qui sont quand même sérieux et qui méritent autre chose que ça…»

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