Pénibilité : des négociations bloquées

Jeudi 27 Mars 2008 - La retraite par métier

Pénibilité : des négociations bloquées

Mardi s'est tenue l'avant dernière séance de négociations sur la question de la pénibilité. Les syndicats ayant rejeté la plupart des propositions du Medef, ils en appellent désormais au gouvernement.

 
Après trois ans de négociations sur la pénibilité, il ne reste plus qu'une seule séance qui doit se dérouler le 21 avril. Mais les syndicats et le patronat sont bien loin de parvenir à un accord, à tel point que désormais, les syndicats en appellent au gouvernement pour sortir de l'impasse.
 
En effet, mardi, après la 17e de négociation, les protagonistes se sont quittés sur un constat de blocage. De plus, les syndicats ont attendu leur rendez-vous d'aujourd'hui avec le ministre du Travail Xavier Bertrand dans le cadre du début de la concertation sur les retraites pour décider s'ils assisteraient ou non à la dernière séance du 21 avril.
 
«Si la discussion en séance a permis deux avancées concernant l’intégration des contraintes psychiques dans les types de critères et l’ouverture du dispositif à toutes les catégories (ouvrier, employé, agent de maîtrise et cadre), reconnaît la CGT dans un communiqué publié mercredi, la négociation est aujourd’hui bloquée sur les deux points essentiels : la grille d’accès au dispositif et son financement ».
 
Conditions d'accès trop strictes
La CGT trouve en effet que le Medef pose des conditions trop strictes d'accès aux dispositifs d'allègement d'activité ou de départ anticipé à la retraite pour les salariés exposés à de fortes pénibilités au travail : « il propose qu'ils soient ouverts aux salariés à condition de cumuler 40 ans d’activité, d’avoir été exposé pendant au moins 30 ans à un des facteurs de pénibilité prédéfinis. Comme cela ne suffit pas, il faudrait en plus avoir subi au minimum 10 ans un des facteurs de chacun des trois types de pénibilité, contraintes physiques marqués, environnement agressif et certains rythmes de travail. », explique la CGT qui qualifie cette proposition patronale de « véritable provocation ». Même son de cloche chez FO qui estime qu'il n'y a « aucun moyen de rentrer dans le dispositif ».
 
Quel financement ?
Deuxième point de désaccord entre le Medef et les syndicat : le financement de ces dispositifs. L'organisation patronale souhaite en effet qu'ils soient entièrement financés par la solidarité nationale. « A ce jour, les employeurs ne peuvent pas supporter de charges supplémentaires » a justifié François-Xavier Clédat du Medef.
 
Une exigence qui a indigné la plupart des syndicats, à l'image de Danièle Karniewicz (CFE-CGC) qui s'est exclamée : « on est entrain de discuter d'un système de pénibilité à la sauce patronale, pour demander à l'Etat de le financer ». Quant à la CGT, si elle est favorable à ce qu'une part du financement repose sur des fonds publics, elle souhaite que « les employeurs ne soient pas exonérés de leur responsabilités et mettent la main à la poche ».
 
Demande d'intervention de l'Etat
De son côté l'organisation patronale reproche aux syndicats de n'avoir fait « aucun pas », notamment concernant la mise en place d'une commission composée pour partie de médecin, devant laquelle chaque salarié souhaitant bénéficier des dispositif serait obligé de passer. Cette commission serait chargée d'apprécier l'existence de « traces durables » de pénibilité.
 
Face à ce constat de blocage les syndicats demandent au gouvernement d'intervenir : à l'image de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT qui a demandé mercredi soir sur France Info que « maintenant le pouvoir politique intervienne ».

Envoyer cet article à un ami

Vos réactions

5 commentaires - Voir les commentaires

Vous devez être identifié pour déposer des commentaires !
Si vous êtes déjà inscrit connectez-vous avec le formulaire en haut de page.
Sinon cliquez ici : INSCRIPTION