Les prévisions du COR, un constat alarmant

Mercredi 14 Avril 2010 - Actualités réforme 2010

Les prévisions du COR, un constat alarmant

Aujourd'hui, mercredi 14 avril, le COR a rendu public ses prévisions sur l'avenir des retraites. Ce document servira de base de travail pour le Gouvernement et les partenaires sociaux dans la réforme des retraites. Le Conseil d'Orientation des Retraites avait pour mission de simuler le déficit des principaux régimes de retraites à moyen et long termes et d'établir des prévisions de financement des retraites.

 

Le COR évalue le nombre de retraités en 2050 à 22,9 millions, contre 15 millions aujourd'hui (ce qui représente près d'un quart de la population). Le rapport cotisant-retraité, de 1,8 en 2010, se réduira à 1,2 en 2050.

 

4 scénarios principaux pour l'avenir des retraites

- Scénario n°1 - En 2050, le besoin de financement sera de 70 milliards d'euros. Ce scénario se fonde sur les hypothèses suivantes: retour du plein-emploi en 2024, taux de chômage à 4,5%, augmentation annuelle de la productivité de 1,8% par an.

«Quasiment personne ne juge plausible ce scénario», selon le Monde. (Article paru dans l'édition du 14.04.10)

 

- Scénario n°2 - En 2050, le besoin de financement sera de 100 milliards d'euros, si la conjoncture suit ce modèle : taux de chômage stabilisé à 4,5% en 2024, augmentation de la productivité de 1,5%. Un scénario jugé plus plausible que le premier.

- Scénario n°3 - En 2050, les besoins de financement seront supérieurs à 100 milliards avec l'hypothèse que le chômage se stabilise à 7% en 2022.

- Scénario n°4 - En 2050, les besoins de financement atteindront 2 600 milliards si aucune mesure n'est prise.

 

Les leviers de financement 

3 leviers de financement pour éradiquer le déficit sont évoqués dans le rapport du COR : le report de l'âge légal de départ en retraite, un prélèvement sur les salaires et une baisse des pensions.

En jouant uniquement sur le report de l'âge de la retraite pour les financer, le COR a établi les prévisions suivantes. En 2010, le départ à la retraite se fait à 60 ans. En 2020, il passerait à 65 ans, puis à 67,5 ans en 2030 pour atteindre 70 ans en 2050.

Si la décision était prise de n'agir que sur les prélèvement, il faudrait une hausse de 8 points en 2030 (en plus des 28,8% de prélèvements actuels) sur les rémunérations brutes.

En s'appuyant uniquement sur le troisième levier – la baisse des pensions – le rapport révèle que leur niveau devra être rabaissé de 30% d'ici à 2030.

 

Des prévisions «aléatoires» selon la CGT 

D'entrée de jeu, Bernard Thibault prévient qu' «il va y avoir [sur les travaux du COR] une querelle sur l'interprétration des chiffres». Il reproche au COR de ne mettre en avant à aucun moment que «dans les 40 années à venir, notre pays va continuer de produire davantage de richesses».

 

Des prévisions jugées «irréalistes» par le Medef 

Pour Laurence Parisot, les hypothèses économiques servant de base aux projections financières du COR sont «peu réalistes» car beaucoup trop optimistes. «Tous les scénarios retenus par le COR font l'hypothèse d'un taux de chômage à l'horizon 2020-2021 [...] égal au plein emploi, soit 4,5%, ce que nous n'avons pas connu depuis le tout début des années 60, soit au maximum 7%, ce que nous n'avons jamais eu de manière pérenne», a-t-elle déclaré. Le Medef regrette qu'il n'y ait pas de «scénario catastrophe» et espère que «ces choix du COR ne vont pas d'emblée pénaliser la crédibilité de la réflexion sur le sujet».

En réponse au COR, Eric Woerth, ministre du travail chargé de la réforme des retraites, assure qu'il n'y aura pas de hausse des impôts ni des cotisations.

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