Le COR confirme l'avenir sombre des retraites

Vendredi 23 Novembre 2007 - Actualités réforme 2010

Le COR confirme l'avenir sombre des retraites

 Un mois après la remise de ses perspectives provisoires, le Conseil d'orientation des retraites (COR) persiste et signe alors qu'il a rendu hier son document définitif au gouvernement. Les perspectives dégradées annoncées il y a un mois*, se confirment.

 
A court terme, selon le nouveau rapport du COR remis hier à François Fillon, le déficit de la branche vieillesse du régime général est plus dégradé que prévu : 4,6 milliard d'euros en 2007 et 5,7 milliards en 2008. Pour le président du COR, Raphaël Hadas-Lebel, cela est dû au départ en retraite des premières générations du baby-boom d'une part, et au succès inattendu du dispositif « départ anticipé pour carrière longue » instauré par la loi Fillon en 2003. Autre mesure phare de la loi Fillon, le système de surcote et décote, censé inciter un report de l'âge du départ en retraite, ne s'est pour l'instant pas montré persuasif.
 
Le pari risqué de la baisse du chômage
A moyen terme, les choses ne devraient pas aller en s'arrangeant. En 2020, le besoin en financement du système de retraite sera de 1 point du PIB, soit 25 milliards d'euros. Il faut en outre noter que la baisse générale du chômage, paramètre essentiel sur lequel reposent ces prévisions, n'est plus assurée. Le COR qualifie de « scénario volontariste» le taux de chômage à 4,5% en 2015, qui reste privilégié par le rapport. Dans l'hypothèse d'un taux de chômage de 7%, le besoin de financement atteindrait 1,4 point de PIB en 2020.
 
Plus optimiste pour 2050
A long terme, en revanche, le déséquilibre serait moins marqué. En 2050, sans recette supplémentaire, le besoin de financement atteindrait tout de même 1,7% du PIB. Le rapport 2005 évaluait ce besoin de financement à 3,1% du PIB. L'amélioration s'explique par les nouvelles prévisions démographiques, qui tablent sur une population de 70 millions d'habitants en France en 2050.
 
Baisse du taux de remplacement
Sur le plan individuel, le taux de remplacement (rapport entre la première pension touchée par le retraité et le dernier revenu d'activité) diminuerait de 10 points entre la génération née en 1938 et celle de 1985. Un employé du secteur privé né en 1938 touche 83,6% de son dernier salaire, alors que la génération 1985 percevra 73,5% de son revenu d'activité à son départ à la retraite en 2050.
 
Quelles solutions ?
Pour rééquilibrer le système, le scénario envisagé en 2003 d'une hausse des cotisations vieillesse compensée par une baisse des cotisations chômage parait « plus difficile ». Ainsi, le COR évoque, sans faire de proposition précise, la nécessité de l'apport de ressources nouvelles, les transferts de recettes ou la maîtrise des dépenses.
 
Une nouvelle réforme « inutile »
Pour le président du COR, une nouvelle réforme des retraites ne serait pas utile, comme il l'a expliqué lors d'un colloque le 14 novembre dernier intitulée « pourquoi une nouvelle réforme de la retraite est-elle inéluctable ? ». Ce dernier avait pris l'assemblée à contre-pied en déclarant « je ne pense pas qu'une nouvelle réforme soit nécessaire, puisque la réforme Fillon permet de faire un point tous les 4 ans et d'ajuster les mesures à prendre en fonction des indicateurs économiques et sociaux ».
 
 
(*) Cf. notre article du 24 octobre « Le coût des retraites revues à la hausse en 2020 »

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