Agirc-Arrco : le Medef veut la retraite à 61 ans, pas les syndicats

Vendredi 13 Mars 2009 - Actualités réforme 2010

Agirc-Arrco : le Medef veut la retraite à 61 ans, pas les syndicats

Jeudi 12 mars se tenait la 3e réunion pour la renégociation de l'accord Agirc-Arrco. Le Medef a proposé de relever à 61 ans l'âge auquel on peut percevoir la retraite complémentaire.

 

C'est la troisième fois que patronat et syndicats se rencontraient, jeudi 12 mars, pour se mettre d'accord sur les moyens à mettre en oeuvre pour assurer l'avenir des régimes complémentaires de retraite Agirc et Arrco (cadres et non cadres).

 

Lors de cette séance, le Medef a proposé aux syndicats d'augmenter d'un trimestre par an, pour atteindre 61 ans, l'âge à partir duquel la pension Agirc-Arrco peut être liquidée, sans pénalité. Cette âge est actuellement fixé à 60 ans (à condition toutefois que l'assuré ait obtenu la liquidation de sa retraite de base à taux plein).

 

Le Medef envisagerait, compte tenu de la crise actuelle, que cette mesure soit différée et qu'elle ne démarre qu'à partir de 2011, pour arriver à 61 ans en 2014. Cette mesure ne concernerait bien évidement pas les bénéficiaires des dispositifs carrières longues et travailleurs lourdement handicapés.

 

Le Medef estime que cette mesure ferait économiser environ un milliard d'euros par an à l'Agirc-Arrco, ce qui permettrait ainsi d'éviter le déficit justement estimé à 4 milliards d'euros en 2015, selon les nouvelles estimations qui ont été présentées lors de la première séance de négociations. Le Medef a indiqué que si les syndicats acceptaient cette mesure, il était prêt à envisager la hausse des cotisations, de 0,1 point, chose qu'il excluait jusqu'à présent.

 

Mais les syndicats se sont unanimement montrés hostiles à ce recul de l'âge légal de la retraite complémentaire. La CFDT a notamment souligné que si cette mesure était appliquée, le régime de base finirait lui aussi par s'aligner sur les 61 ans. « Comment imaginer que nous, partenaires sociaux, décidions du report de l'âge de la retraite, alors que le gouvernement lui-même ne l'envisage pas ? », s'est interrogé son secrétaire national Jean-Louis Malys.

 

Pour les syndicats, d'autres solutions existent, notamment l'utilisation d'une partie des réserves financières de l'Agirc-Arrco qui sont estimées à environ 50 milliards d'euros. Quoi qu'il en soit, la prochaine séance de négociation est prévue le 23 mars. Les partenaires sociaux ont donc l'obligation d'arriver rapidement à un accord, faute de quoi l'AGFF pourrait pâtir de cette mésentente et ne pas être reconduite.

 

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