FO invite les salariés à partir en retraite avant avril

Mercredi 17 Décembre 2008 - Actualités réforme 2010

FO invite les salariés à partir en retraite avant avril

Suite à des déclarations du Medef début décembre, Force Ouvrière invite les salariés qui le peuvent, à prendre leur retraite avant le 1er avril 2009. En effet le syndicat redoute une suppression de l'AGFF lors de la négociation Agirc-Arrco.

 
Le 27 janvier prochain, les partenaires sociaux (patronat et syndicats) ouvrent la négociation qui va redéfinir l'accord Agirc-Arrco. Début décembre, Jean-René Buisson, président de la commission protection sociale du Medef, a ouvert les hostilités dans une interview au journal Le Figaro.
Il a tout d'abord indiqué qu'il considérait les négociations effectuées en avril dernier lors du « rendez-vous 2008 » comme un « échec ». En effet, le Medef demandait un recul de l'âge légal de la retraite à 61 ou 62 ans, mais il n'a pas été entendu par le gouvernement.
Et concernant la négociation Agirc-Arrco, il a déclaré « on aura une négociation difficile, on peut très bien ne pas maintenir l'AGFF* ». Et il a ajouté qu'il avait « un mandat d'une fermeté absolue : hors de question d'augmenter les cotisations ».
 
« Menace » du Medef à ne pas prendre « à la légère »
Face à ces déclarations, le syndicat Force Ouvrière a vivement réagit. Pour le syndicat, ces déclarations constituent une « attaque d’une rare violence contre l’édifice conventionnel des régimes paritaires de retraite complémentaire », indique -t-il dans un communiqué publié le 4 décembre.
Il déclare également que cette « menace » du Medef « ne doit pas être prise à la légère car à défaut de reconduction de l'accord AGFF, les retraites complémentaires pourraient être amputées jusqu'à 22% pour celles liquidées après le 1er avril 2009 ». Cet abattement correspond à un salarié qui prendrait sa retraite à 60 ans. Joint par téléphone, Bernard Devy, secrétaire confédéral de Force Ouvrière en charge du dossier retraites, a déclaré à Coach Retraite qu'ainsi, face à cette « provocation »  du Medef, FO s'était vu contraint de répondre « de la même manière ».
 
Ne pas sacrifier les intérêts des futurs retraités
C'est ainsi que dans son communiqué, le syndicat déclare : « en réponse au chantage patronal, la Confédération Force Ouvrière appelle les salariés qui remplissent aujourd’hui les conditions pour partir à la retraite au taux plein, à faire liquider immédiatement leurs droits à pension ou au plus tard le 1er avril 2009 inclus. Consciente de ses responsabilités particulières, eu égard notamment à ses engagements dans la constitution et la gestion des régimes paritaires, la Confédération Force Ouvrière mesure la portée d’une telle recommandation mais ne saurait se résoudre à sacrifier les intérêts des futurs retraités à la surenchère et au chantage du Medef », explique le communiqué.
 
Une négociation sous pression
Pour revenir à la négociation de janvier, Bernard Devy nous a confié qu'elle allait être « difficile ». D'une part, à cause des déclarations du Medef, qu'il juge « inutiles » et « anxiogènes pour les salariés ». Mais aussi parce que le gouvernement, « met la pression » sur ces négociations. « Nous (patronat et syndicats, ndlr) sommes condamnés à trouver un accord ». Sans cela, Bernard Devy imagine le pire : « les choses pourraient évoluer comme pour les négociations sur la pénibilité, où faute d'entente, le gouvernement a repris le dossier en main.  Cela ôterait toute crédibilité aux partenaires sociaux ».
 
 
(*) L'AGFF, ou l'Association pour la Gestion du Fonds de Financement, permet à ceux qui ont obtenu leur retraite de base à taux plein à 60 ans de pouvoir également toucher leur retraite complémentaire dès 60 ans.
En effet les régimes complémentaires de retraite fixent leur âge légal de retraite à 65 ans.
Mais depuis 1983 et l'abaissement de l'âge légal de départ en retraite pour le régime de base de 65 ans à 60 ans par le gouvernement Mauroy, cette structure, l'ASF (ex AGFF) a été créée pour financer le surcoût des pensions à 60 ans sans abattement dans les régimes complémentaires. Elle est alimentée par deux points de cotisation chômage et par une subvention de l'Etat.
 

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