Retraites : la CGT répond à nos questions

Mercredi 11 Juin 2008 - Actualités réforme 2010

Retraites : la CGT répond à nos questions

A l'occasion du rendez-vous 2008 sur les retraites, Coach Retraite a interrogé les partenaires sociaux qui participent aux concertations avec le gouvernement. Christian Roche, conseiller confédéral sur les retraites à la CGT, a répondu à nos questions :

 

 

 1- La CGT a appelé à une nouvelle journée de mobilisation le 17 juin. Pourquoi ?

 

Cette manifestation est organisée pour défendre les retraites mais aussi la réglementation du temps de travail. En effet, à l'occasion de la transposition de la position commune signée par la CGT sur la représentativité des syndicats début avril, le gouvernement en a profité pour ajouter des articles déréglementant les 35 heures. Nous tenons à exprimer notre désaccord tant sur le fond que sur la forme.

 

Concernant les retraites, cette manifestation vient après celle du 22 mai dernier qui avait rassemblé 700 000 manifestants. Malgré cette forte mobilisation, le gouvernement n'a pas bougé d'un iota depuis ce jour et campe sur ses positions. On appelle donc une nouvelle fois à la manifestation pour que le gouvernement bouge, notamment sur l'allongement à 41 ans de cotisation auquel nous sommes opposés.

 

 2- Le gouvernement répète que cet allongement est indispensable. Quel est l'avis de la CGT?

 

Nous ne pensons pas qu'allonger la durée obligatoire de cotisation à 41 ans va permettre de pérenniser les régimes de retraites. Pour nous, cette mesure est contraire au vécu des salariés qui ont déjà aujourd'hui du mal à avoir une retraite au taux plein. Passer à 41 ans, c'est rendre la retraite à 60 ans inaccessible pour beaucoup de salariés ! Par exemple, pour la génération de salariés nés en 1958 (qui auront donc 60 ans en 2018, ndlr), on estime que moins de 40% d'entre eux auront cotisé la durée requise pour partir en retraite à l'âge légal.

 

 

 3- Qu'attendez-vous aujourd'hui du gouvernement ?

 

Nous souhaitons tout d'abord que le gouvernement ouvre de réelles négociations avec les partenaires sociaux et qu'il aborde les questions du financement du système des retraites. Nous pensons qu'avec l'augmentation actuelle du nombre de retraités, la France a besoin d'ajuster le niveau des cotisations, ce que le gouvernement refuse de faire. Pourtant en 1982, lors de l'instauration de l'âge légal à la retraite à 60 ans, ce sont cinq générations qui sont arrivées à la retraite en même temps, le choc démographique avait été autrement plus important.

 

Nous attendons également que le niveau des pensions soit garanti, en augmentant le taux de remplacement qui ne cesse de baisser. Le gouvernement a fait beaucoup d'effet d'annonce notamment avec la prime de 200 euros pour les bénéficiaires du minimum vieillesse. Mais nous souhaiterions des décisions qui touchent tous les retraités et qui les aident à maintenir leur niveau de vie. Il faudrait pour cela revenir à une indexation des pensions sur les salaires. L'indexation sur les prix, même si elle était bien faite, ne réglera pas le problème.

 

 

 4- Pour l'instant le gouvernement s'est montré inflexible. Qu'envisage la CGT si elle n'obtient pas de réponses satisfaisantes après le 17 juin ?

 

Chaque chose en son temps ! Pour l'instant nous sommes sur la préparation de la journée du 17 juin. Mais il est clair que si le gouvernement continue sur tous les sujets, retraites, 35 heures, pénibilité, ..., à ne pas répondre à nos attentes, le mécontentement risque d'aller en grandissant. C'est pour cela que la journée du 17 juin doit mobiliser encore plus que fin mai, nous espérons atteindre le million de manifestants.

 

 

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