Retraites : FO répond à nos questions

Vendredi 16 Mai 2008 - Actualités réforme 2010

Retraites : FO répond à nos questions

A l'occasion du rendez-vous 2008 sur les retraites, Coach Retraite a interrogé pour vous les partenaires sociaux qui participent aux concertations avec le gouvernement. Bernard Devy, secrétaire confédéral de Force Ouvrière en charge du dossier retraites, a accepté de répondre à nos questions :

 

 1- Qu'attendez-vous des concertations ?

 

A vrai dire, il vaudrait mieux demander ce que l'on attendait, car aujourd'hui on a l'impression que la concertation est terminée ! Pourtant, on avait mis beaucoup d'espoir dans ces concertations. Xavier Bertrand est un homme de dialogue, nous avions pu le constater lors des négociations d'automne sur la réforme des régimes spéciaux.

 

Aujourd'hui nous sommes un peu au milieu du gué, le gouvernement n'a retenu aucune des propositions que nous avions faites, notamment sur le financement, il n'a fait aucune proposition sur la pénibilité... Si monsieur Bertrand nous affirme que sa porte est toujours ouverte, nous avons davantage l'impression d'une consultation que d'une véritable concertation.

 

De plus, nous espérions un projet de loi, mais le gouvernement va opter pour des décrets ce qui rend nos possibilités d'action plus restreintes. Une loi peut se modifier, on peut proposer des amendements, ce n'est pas le cas avec des décrets.

 

La prochaine étape c'est la mobilisation du 22 mai, qui on l'espère fera changer les choses.

 

 2- Que pensez-vous des propositions transmises par le gouvernement le 28 avril ?

 

Tout d'abord ces propositions pénalisent les salariés à qui les 41 ans de cotisations vont être imposés dès janvier 2009, alors que pour les sanctions des employeurs qui ne conservent pas leurs salariés séniors, il faudra attendre 2010. Il y a deux poids deux mesures ! Pour nous, l'allongement de la durée de cotisation est aussi un contournement du droit à la retraite à 60 ans, ce n'est pas acceptable.

 

Concernant les mesures annoncées pour l'amélioration de l'emploi des seniors, nous pensons que ni le bonus malus, ni le quota seniors ne seraient efficaces car en France, le problème de l'emploi est général, il est aussi difficile d'entrer dans la vie professionnelle que d'en sortir. La libéralisation du cumul emploi retraite notamment, est une bêtise monstre ! Le cumul emploi retraite s'adresse au plus de 60 ans voire 65 ans, alors que nous devrions faire face aux problèmes rencontrés par les personnes entre 55 et 60 ans.

 

 3- Quelles mesures majeures devraient être prises pour sauvegarder le système des retraites ?

 

Ce qu'on souhaitait, c'est une adaptation de loi Fillon de 2003 qui n'est pas une réussite. Malgré les mesures prises, la situation est toujours problématique.

 

Nous pensons que malgré le passage aux 41 ans de cotisation, on ne pourra pas faire l'économie de financements nouveaux si l'on veut pérenniser notre système. Entre autre, avec une taxation de 3% sur les bénéfices non réinvestis des entreprises. Ils s'élevaient à 100 milliards d'euros en 2007. Cette taxation apporterait 3 milliards d'euros, mais on propose également la taxation des stock options, de la participation ou encore de l'intéressement.

 

Aujourd'hui le gouvernement n'a pas retenu ces propositions et nous dit qu'il y a trois leviers d'actions sur les retraites : les cotisations, le niveau des pensions et la durée de cotisation. Il explique que pour ne pas augmenter les cotisations, ce qui pénaliserait les employeurs, et ne pas baisser le niveau des pensions, il faut augmenter la durée.

 

Mais ce qu'il ne dit pas c'est que le niveau des pension a déjà énormément baissé ! Nous reprochons au ministre de ne pas avoir assez pris en compte nos propositions pour améliorer ce taux de remplacement, alors même qu'il s'agit d'une inquiétude majeure pour une grande partie des salariés.

 

Aujourd'hui nous dénonçons la logique financière de l'Etat qui ne veut pas investir dans ce système des retraites alors que la France dénombre 10 millions de personnes de plus de 65 ans et qu'elle en comptera 18 millions en 2040. Il ne peut pas se permettre de paupériser un telle partie de la société.

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