Retraite et PS, pas question que la droite impose un calendrier

Jeudi 22 Avril 2010 - Actualités réforme 2010

Retraite et  PS, pas question que la droite impose un calendrier

Mercredi 22 avril, Martine Aubry a réuni les grands du Parti Socialiste avant sa rencontre avec Eric Woerth mercredi 28 avril. Le thème de cette rencontre était bien sûr le dossier des retraites, le but étant pour le PS de définir une position commune sur la réforme.

Un parti divisé

Officiellement, la ligne de conduite socialiste se résume à deux pistes : ne pas troucher au départ à la retraite à 60 ans et taxer les profits financiers, bancaires... afin que les «riches» financent les retraites.

Mais, des désaccords appraissent : les personnalités les plus à gauche – représentée par Henri Emmanuelli et Benoît Hamon – se montre hostile à un allongement de la durée de cotisation.

Alors que François Hollande et Manuel Valls se disent prêts à envisager cette piste. Gérard Collomb a même plaidé pour un report de l'âge légal de la retraite, idée rejetée par Martine Aubry. En effet, «puisqu'elle est déjà de 41,5 ans, cela signifie qu'un jeune qui commence à travailler à 25 ans ne pourra partir à la retraite qu'à 66 ans et demi !».

«Prétendre régler en deux mois la question des retraites et les 100 milliards de déficit annuel à partir de 2050 alors que le Gouvernement n'est pas en mesure de réduire le déficit public qui a atteint 170 milliards l'an passé, c'est se moquer du monde !», ajoute-t-elle.

Au-délà des différences dans les prises de partie, le PS est scindé en deux groupes. Un groupe qui a adopté une position d'attentisme et l'autre qui souhaite agir dès à présent.

Attendre les propositions du Gouvernement pour ensuite se positionner, voilà le point de vue adopté par Bertrand Delanoë (Maire de Paris) qui refuse de se voir imposer un calendrier par la droite : «personne ne va nous mettre le couteau sous la gorge», a-t-il mis en garde.

L'opposition est soutenue par le Maire de Lyon, Gérard Collomb, qui lui souhaite que le PS se positionne «tout de suite». «On ne peut pas être un parti qui aspire au Gouvernement demain sans avoir au moins l'esquisse d'une proposition et d'une orientation sur les retraites», fait-il savoir.

La note de travail de Marisol Touraine

Pilote du groupe de travail sur les retraites, la députée Marisol Touraine, est également en faveur de rendre publiques les propositions du Parti Socialiste avant que le Gouvernement ne publie les siennes.

La note qu'elle a rédigé met en avant «le rôle de vigie sociale» du départ à 60 ans. Selon elle, «relever cet âge reviendrait à faire payer la retraite des cadres par les ouvriers puisque pour ceux qui ont commencé à travailler tard et qui sont diplômés, le relèvement n'aurait aucun impact, alors que pour les autres il impliquerait des années de travail supplémentaires.»

Elle propose également «d'élargir le financement du système de retraite à d'autres ressources» :

- réalimenter le Fonds de réserve des retraites
- doubler le forfait social sur l'intéressement et participation
- majorer les prélèvement sur les stock-options

- remettre en question les exonérations de CSG*
(dont bénéficient les revenus fonciers ou plus-values immobilières)

D'autres mesures sont également avancées. Elles permettraient de dégager environ «15 milliards de ressources, ce qui représente […] un tiers des besoins en 2020-2050» et seraient destinées à la Sécurité Sociale.

 

*CSG : La Contribution Sociale Généralisée est un impôt dû par les personnes domicilées en France. Il est destiné à financer une parties des dépenses de Sécurité Sociale, de l'assurance maladie et des régimes de bases de l'assurance vieillesse. Le taux de pélèvement est fixé en fonction du type de revenu et de la situation de la personne.

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