Retraites : nouvelle mobilisation le 17 juin

Lundi 02 Juin 2008 - Actualités réforme 2010

Retraites : nouvelle mobilisation le 17 juin

La CGT et la CFDT ont appellé à une nouvelle journée de mobilisation et de manifestations pour « pour la défense de la retraite solidaire et contre le projet de loi sur le temps de travail » après l'annonce de mesures d'assouplissement des 35 heures.

 

Le 9 avril dernier, deux syndicats, la CGT et la CFDT ainsi que deux organisations patronales ont signé une « position commune » sur la réforme de la représentativité des syndicats. Mardi 27 mai au soir, dans l'avant-projet de loi censé transcrire cet accord transmis par Xavier Bertrand ministre du Travail, les syndicats ont eu la mauvaise surprise de découvrir que le gouvernement voulait en profiter pour assouplir la loi sur les 35 heures. Selon le texte, chaque entreprise pourrait fixer elle même un durée réelle de travail qui pourrait aller au delà de la durée légale.

 

Dès le vendredi 23 mai avant la transmission de ce document, MM Chérèque et Thibault avaient senti le vent tourné et avaient fait une déclaration commune : « Il a été convenu de s’en tenir aux principes repris dans l’Article 17 de la Position commune. Il stipule que par accords d’entreprise conclus avec des organisations syndicales représentatives et ayant recueilli la majorité absolue des voix aux élections des représentants du personnel , il est possible à titre expérimental de dépasser le contingent conventionnel d’heures supplémentaires. Ce qui exclut toute autre disposition.

Or, depuis quelques jours, les velléités de modifier une nouvelle fois la législation sur le temps de travail se multiplient. Elles pourraient se traduire par l’adoption en catimini par le Parlement de mesures de déréglementation du temps de travail, dont la portée serait très négative pour les salariés ».

 

Solidaires rejoint le mouvement, pas FO

Ainsi, cet avant projet de loi qui a confirmé leurs craintes a rendu furieux Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque qui se sont indignés. « C'est un affront ou un défi, en tout cas une provocation », a déclaré le secrétaire général de la CFDT au Monde, tandis que son confrère de la CGT a dénoncé vendredi matin sur RTL « la procédure malhonnête » du gouvernement. C'est ainsi qu'ils ont appelés dès jeudi soir à une nouvelle journée d'action « pour la défense de la retraite solidaire et contre le projet de loi sur le temps de travail » le 17 juin prochain.

Le lendemain de cet appel, Solidaires qui regroupent les syndicats Sud, a déclaré qu'il rejoignait la CFDT et la CGT dans ce mouvement. « La réaction des salariés doit être à la hauteur de l'attaque. Il faut se préparer à un conflit majeur. La journée du 17 juin doit en être le prélude », indique le syndicat dans son communiqué.

 

Ce matin, lundi 2 juin, le syndicat Force Ouvrière a en revanche annoncé qu'il ne participerait pas à cette journée de manifestations. Son secrétaire général Jean-Claude Mailly a estimé qu'une manifestation de plus ne changerait rien ajoutant à l'adresse des deux syndicats signataires de la position commune « qu'il ne fallait pas mettre le doigt dans la porte ». Selon lui, en signant ce document ils ont donné « le feu vert » et le gouvernement « s'est engouffré dedans » et a ajouté : « Elles (la CGT et la CFDT, ndlr) ont accepté des concessions graves pour les salariés [...] La manière d'en sortir, c'est que ces organisations retirent leurs signatures ».

 

De son côté, le gouvernement garde le cap. Xavier Bertrand a déclaré qu'il assumait sa décision et Luc Chatel, porte parole du gouvernement a renchérit en justifiant la décision d'un assouplissement des 35 heures « l'économie en a besoin ». Toutefois le ministre du Travail a fait une concession ce matin en reportant au 18 juin la présentation du projet de loi au Conseil des ministres. « Cela devait être initialement un peu plus tôt, on a préféré prendre une semaine de plus pour des discussions et pour voir les suggestions et les remarques des partenaires sociaux », a déclaré Xavier Bertrand sur RMC.

 

La CGT espère 1 million de manifestants

Enfin, ce matin également, dans un entretien au journal Le Parisien, Bernard Thibault a menacé de redevenir un syndicat d'opposition : « Si le gouvernement s'enferre dans cette attitude, droit dans ses bottes, j'y verrai la preuve que le dialogue social n'est pas possible dans ce pays. Et la CGT aura à revoir sa position ».

Il espère que la journée du 17 juin mobilisera encore un plus grand nombre de personnes que le 22 mai dernier : « Il y avait 700 000 manifestants, il en faudrait un million ». Il a également déclaré qu'il n'entendait pas retirer sa signature de la position commune comme le demande FO et prévient : « S'ils (les syndicats non signataires, ndlr) n'appellent pas à la mobilisation du 17 juin, cela fera le jeu du gouvernement ».

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