Pénibilité : des négociations sans fin

Mercredi 05 Mars 2008 - La retraite par métier

Pénibilité : des négociations sans fin

Hier une nouvelle séance de négociations avait lieu entre les syndicats et le patronat sur la question de la pénibilité. Ouvertes depuis trois ans, ces négociations sont loin d'aboutir.

 

Cela fait désormais plus de trois ans que le gouvernement a demandé au patronat (Medef) et aux syndicats ( CGT, CFE-CGC, CFDT, CFTC et FO) de s'entendre pour redéfinir la notion de pénibilité au travail.

L'enjeu de ces négociations ? Réviser la liste de critères définissant un travail pénible (charges lourdes, postures pénibles, produits toxiques, température extrême, bruit, travail de nuit, risques psycho-sociaux... ) et harmoniser les dispositifs existants permettant le départ anticipé à la retraite pour cause de pénibilité.

 

Une 16e séance sous pression

Hier se tenait la seizième séance de négociation, pendant que dans le même temps, la CGT organisait une journée de mobilisation pour maintenir la pression sur le Medef. Une centaine de manifestants étaient ainsi rassemblés hier devant le siège du Medef à Paris, et d'autres rassemblements ont eu lieu à Bordeaux, Nantes ou Marseille.

En effet, lors de la précédente séance début février, les syndicats étaient ressortis plus outrés que jamais. Le Medef, qui avait en septembre dernier accepter l'idée de ces départs anticipé, était revenu en arrière en proposant une fin de carrière aménagée jugée « très restrictive » par la CGT*.

 

Séance supplémentaire le 21 avril

Mais hier, par la voix de François-Xavier Clédat nouvellement chargé du dossier depuis la démission de Denis Gautier-Sauvagnac, le Medef a une fois de plus déçu les syndicats en proposant de réaliser « un état des lieux du nombre de salariés susceptibles d'êtres touchés par la mise en place d'un dispositif pénibilité ».

Il a également proposé qu'une séance de négociation supplémentaire soit programmée le 21 avril (les négociations devaient initialement se clore le 25 mars) pour laisser aux syndicats le temps de réaliser cet état des lieux.

 

« Retour à la case départ » et « grand cirque »

Devant ces propostions, les syndicats ont tous fait part de leur vif mécontentement : « On a le sentiment de recommencer la négociation comme il y a trois ans », a regretté Jean-Christophe Le Duigou (CGT), qui se demande « quel mandat a la délégation patronale: gagner du temps ou aboutir ? ».

Même son de cloche pour Michèle Biaggi (FO) qui a l'impression d'être « revenu à la case départ ». Danielle Karniewicz (CFE-CGC) a quant à elle dénoncé « un grand cirque » et une négociation « opaque, sans lisibilité sur l'objectif, alors qu'il y a une vraie urgence sur le rendez-vous retraite 2008 ».

 

Consolation

Seul point de consolation des syndicats : le Medef s'est à nouveau déclaré ouvert à un principe de départ anticipé en retraite. Il a évoqué trois dispositifs possibles : allègement de la charge de travail (temps partiel), départ anticipé (seulement pour une « fraction de salariés, précise M Clédat) ou un mélange des deux.

 

 

 

(*) Dans un communiqué de 7 février la CGT dénonçait cette proposition du Medef :

 

« Il faudra être le mouton à 5 pattes pour pouvoir bénéficier du dispositif proposé car il sera ouvert aux salariés ayant accompli :

 

- 40 ans d’activité

- 30 ans d’exposition aux facteurs de pénibilité

- 10 ans en cumulant 3 des critères de pénibilité. Au sujet du financement, ces mesures doivent être financées exclusivement par la solidarité nationale et ne pas mettre les entreprises en difficulté.

 

Les propositions patronales frisent l’immoralité et l’irresponsabilité. »

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