Les nouvelles concertations s'annoncent musclées

Mercredi 26 Mars 2008 - Actualités réforme 2010

Les nouvelles concertations s'annoncent musclées

Les concertations entre le gouvernement et les partenaires sociaux au sujet de la nouvelle réforme des retraites débutent jeudi. Les syndicats ont d'ores et déjà donné leur avis, comme la CFDT qui se dit hostile à un nouvel allongement de la durée obligatoire de cotisation à 41 ans.

 

A partir de jeudi, le ministre du Travail Xavier Bertrand reçoit officiellement les partenaires sociaux pour démarrer les concertations sur la nouvelle réforme des retraites, qui est plus exactement, la deuxième étape de la réforme Fillon d'août 2003. Cette loi fixe par avance les thèmes du rendez-vous 2008 : conditions de l’équilibre financier, allongement de la durée de cotisation, revalorisation des pensions et petites retraites.

 

La semaine dernière, en prévision de ces nouvelles concertations, le ministre du Travail avait appelé les syndicats à lui faire part de leurs propositions de mesure pour cette nouvelle réforme, tout en leur rappelant qu'ils devraient faire appel à leur sens des responsabilités. « Vous connaissez parfaitement la situation financière de nos régimes de retraite » avait-il déclaré dans une lettre qui leur était destinée.

 

Pour éclaircir un peu plus ce message, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, avait lui insisté sur la nécessité d'un nouvel allongement de la durée obligatoire de cotisation à 41 ans, comme le prévoit déjà la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2008.

 

41 ans : mesure « inefficace et injuste »

Mais à la veille de cette nouvelle étape, plusieurs syndicats dont la CFDT, la CGT et FO ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils étaient contre ce nouvel allongement. La CFDT juge notamment cette mesure « inefficace et injuste » dans un communiqué publié mardi.

 

« Jusqu'à présent, l'allongement de la durée de cotisation, dans le privé comme dans le public, n'a pas produit les effets escomptés sur le taux d'emploi des seniors et le comportement des employeurs comme des salariés vis-à-vis de la fin de carrière. Ce taux, qui était en 2006 de 38,1% en France contre 43,6% en moyenne dans l'Union européenne, « ne permet pas d'augmenter la durée de cotisation dans les les délais prévus par la loi de 2003, soit à partir du 1er janvier 2009 » souligne le syndicat.

 

« Ce serait inefficace parce que cela ne se traduirait pas par des rentrées de cotisations supplémentaires. [...] Ce serait injuste parce que cela pénaliserait les salariés encore en activité [...] et ceux dont les carrières sont incomplètes qui verraient leur décote augmenter », explique plus loin la CFDT.

 

Fait plutôt rare, le Medef est d'accord avec les syndicats et réfute lui aussi l'idée de cet allongement. En revanche l'organisation patronale se dit favorable à un recul de l'âge légal de la retraite à 62 ou 63 ans, ce à quoi les syndicats et le gouvernement sont opposés.

 

Des revendications nombreuses

Outre la question de l'allongement, les revendications portées par les syndicats sont nombreuses et ils ont d'aileurs appelé à une manifestation ce samedi 29 mars pour défendre leur point de vue. Notamment concernant le niveau des pensions, sujet sur lequel le gouvernement tente de répondre depuis plusieurs semaines avec les annonces successives d'une revalorisation du minimum vieillesse et des petites retraites.

 

Les syndicats jugent ces mesures insuffisantes et demandent de stopper la baisse du taux de remplacement : il est de 43% de dernier salaire dans le privé, alors que la loi est censée garantir un minimum de 50%. Concernant le revenu de référence, la CNAV a proposé de l'augmenter (en indexant les 25 meilleures années de salaires sur l'inflation), tandis que FO souhaiterait revenir au 10 meilleures années.

 

Sur le financement des retraites, les syndicats se sont prononcés pour un transfert de l'éxcédent des cotisations chômage (Unédic) vers les comptes de retraites, idée soutenue par le gouvernement au grand dam du Medef. D'autres idées comme de nouvelles taxes sur les bénéfices non réinvestis ou sur la participation sont évoquées. Tous les syndicats se sont également prononcés dans un communiqué commun pour la sauvegarde du Fonds de réserve des retraites.

 

Enfin, concernant la méthode, le premier Ministre François Fillon a déclaré hier mardi lors d'une réunion du groupe UMP à l'Assemblée Nationale que le gouverment pourrait passer par la voie réglementaire et non par une loi pour cette seconde étape : «Pour les retraites, peut-être que (nous passerons) de façon réglementaire si on se met d’accord avec les partenaires sociaux dans la poursuite de la réforme de 2003 ».

Envoyer cet article à un ami

Vos réactions

6 commentaires - Voir les commentaires

Vous devez être identifié pour déposer des commentaires !
Si vous êtes déjà inscrit connectez-vous avec le formulaire en haut de page.
Sinon cliquez ici : INSCRIPTION