Epagne Retraite : Choisir le bon placement

Mercredi 14 Mars 2012 - Actualités sur l'épargne retraite

Epagne Retraite : Choisir le bon placement

Choisir le bon placement pour sa retraite

En général, lorsqu’un salarié part à la retraite, ses revenus diminuent et il peut être confronté à certains problèmes financiers. Heureusement, il existe de nombreux placements qui permettent de mieux préparer sa retraite. Outre les dispositions qu’il faut prendre pour optimiser le montant de sa retraite de base et de sa retraite complémentaire (épargne, rachat de trimestres, attente de l’âge du taux plein, pension de réversion…), il est possible d’améliorer ses ressources financières en choisissant l’investissement le plus adapté à sa situation. Avant se décider, il convient de bien connaitre les avantages et les contraintes de chaque formule.

 

1-Les types de placements financiers

 

Il existe plusieurs placements financiers qui permettent de se constituer un revenu supplémentaire appréciable pour la retraite.

a-L’assurance-vie

En 2011, plus de la moitié des familles françaises avec des parents de plus de 50 ans ont choisi l’assurance-vie comme placement de retraite parce qu’elle présente de nombreux avantages. Ce contrat est très apprécié pour sa souplesse : les modalités de cotisation ne sont pas imposées, c’est le souscripteur qui indique le système qui lui convient (versements annuels, uniques, programmés ou libres). Il n’y a pas de durée minimale, le contrat peut être clôturé à tout moment, mais une pénalité fiscale est tout de même appliquée sur les intérêts encaissés. La diversité financière de l’assurance-vie est également un avantage non négligeable, qu’il s’agisse d’un contrat en euros pour miser sur la sécurité ou d’un contrat multisupport largement plus lucratif en cas de gains.

Il est possible de démarrer par un contrat monosupport avant de passer à une assurance-vie multisupport, une fois que les gains sont suffisants pour prendre certains risques. Il est fortement recommandé de bien se renseigner sur les options de gestion proposées par chaque assureur avant de choisir afin de profiter des meilleures conditions. Après huit ans de possession, le souscripteur peut percevoir son capital partiellement ou totalement exempté d’impôt et il bénéficie également d’un abattement. S’il a choisi le système de la rente mensuelle, il jouit d’un régime fiscal allégé qui varie en fonction de son âge. Il est toutefois conseillé de toujours bien s’informer sur les règles fiscales qui s’appliquent au contrat pour souscrire en toute connaissance de cause.

b-Les contrats à annuités variables

Les contrats à annuités variables séduisent de plus en plus de retraités, cependant, il est fortement recommandé de bien comprendre leur fonctionnement avant de s’engager. Cette formule en provenance des États-Unis est actuellement proposée par quelques assureurs qui souhaitent cibler les personnes ayant la cinquantaine et pouvant investir plusieurs milliers d’euros. Ce type de contrat permet de profiter d’avantages fiscaux et de percevoir une rente viagère minimale. C’est grâce à l’épargne constituée par l’assuré qu’il pourra jouir de tous ces avantages lorsqu’il sera à la retraite.

L’ouverture d’un contrat à annuités variables procure une garantie complémentaire qui protège l’épargne de l’assuré des fluctuations du marché tout en lui assurant un revenu minimal à vie. L’assureur effectue un prélèvement annuel sur la valeur de rachat du contrat pour cette garantie complémentaire. Le montant de ce prélèvement varie en fonction de l’âge et du sexe de l’assuré. Il faut noter que le niveau de la garantie proposée n’est pas toujours le même : en effet, elle est fonction de la conjoncture financière et du nombre de nouveaux souscripteurs.

c-Préfon et Corem

La Caisse Nationale de Prévoyance de la fonction publique (Préfon) et le Complément de retraite ouvert à la population des mutualistes (Corem) sont des formules de retraite complémentaire individuelle destinées aux fonctionnaires et aux différents travailleurs de la fonction publique. On peut citer entre autres les agents de l’État, les agents des collectivités diverses, les stagiaires et les conjoints des adhérents. Les souscripteurs ne pourront profiter de ces types de placement qu’à la retraite. Ils perçoivent, alors, une rente viagère imposée. Il s’agit de régimes à point régis par les articles L 441 et suivants du Code des assurances : pendant la durée du contrat, les cotisations versées sont comptabilisées en points. C’est seulement au terme du plan que les points sont transformés en rente calculée à partir de la valeur de service, une base qui ne peut pas baisser et qui assure un revenu complémentaire satisfaisant à la retraite. La Préfon est administrée par la CNP Assurances et le Corem est géré par L’Union Mutualiste Retraite (UMR). Bien que ces formules offrent des avantages fiscaux et des garanties intéressantes, la faible valeur de sortie du point retraite ne tente pas les futurs retraités : en 2010, le Préfon offrait un rendement d’environ 4 % quand celui du Corem était de 5,18 %.

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2-Les différents investissements immobiliers


Actuellement, il existe un large choix d’investissements immobiliers qui permettent de se constituer un revenu complémentaire à la retraite et d’acquérir un patrimoine immobilier en réalisant une économie appréciable grâce aux avantages fiscaux.

 

a-Les avantages des investissements immobiliers

L’investissement dans les résidences immobilières assure un revenu régulier plus élevé que ceux que l’on peut percevoir dans le cadre d’un investissement locatif classique. En effet, grâce au régime fiscal de l’investissement dans les résidences immobilières, les investisseurs peuvent profiter de loyers exemptés d’impôt pendant plus de 30 ans.

Ce régime fiscal garantit également une réduction d’impôt de 11 % du prix d’achat jusqu’à 300 000 euros en 2012. Après neuf ans de location, les revenus locatifs seront totalement imposables. Pour se constituer un complément de retraite intéressant, il est préférable de choisir le régime de l’amortissement : cette formule consiste à imputer l’amortissement du mobilier et de l’immobilier (sans le terrain) sur les loyers pendant une durée minimale de 30 ans. Ainsi, les loyers perçus par le retraité sont intégralement défiscalisés. Si on considère le cas de deux biens immobiliers dont les loyers sont identiques : la somme encaissée dans le cadre d’un investissement dans les résidences immobilières est le double du loyer d’un placement immobilier classique.
Si vous investissez dans un bien immobilier qui propose des services d’hébergement, de blanchisserie et de ménage, la gestion du bien est assurée par des professionnels expérimentés qui trouveront toujours des locataires tout au long de l’année. Il s’agit entre autres des EHPAD et des résidences de tourisme.

 b-Des précautions à prendre

Pour réussir un investissement immobilier, il est fortement recommandé de prendre certaines précautions. Il est important de bien choisir l’exploitant en se basant sur son expérience et son volume de travail : les entreprises ayant pignon sur rue et possédant un lot de résidences diversifié pourront mieux gérer les éventuels risques et seront toujours prêtes à assumer leurs obligations.

Avant de s’engager, il faut prendre le temps de bien étudier les clauses du bail commercial : montant du loyer mensuel et la répartition des charges et des travaux d’entretien. Il est également conseillé de se méfier des offres qui proposent des rendements de plus de 5,5 %. En général, il s’agit soit d’une escroquerie, soit d’un professionnel qui débute et qui souhaite acquérir des parts de marché rapidement. Cependant, le manque d’expérience peut favoriser les erreurs de gestion qui peuvent rapidement conduire à des pertes.

c-Choisir entre un bien neuf ou un bien ancien

Avant de faire un placement immobilier, il convient de bien choisir entre un logement neuf et un bien ancien en tenant compte de son budget, de ses objectifs, mais aussi de certains critères relatifs au bien immobilier. La plupart du temps, les investisseurs qui ne disposent que d’un budget modeste ont tendance à se tourner vers les biens immobiliers anciens et les petites surfaces. Pourtant, il est également important de considérer la rentabilité à long terme pour que l’investissement soit réellement intéressant.

Au moment de l’acquisition, les biens immobiliers anciens sont plus attractifs parce que le prix du mètre carré coûte jusqu’à 40 % moins cher avec un loyer plus ou moins égal à celui d’un bien neuf d’une même surface. L’investisseur peut économiser entre 6 et 8 % s’il achète un bien ancien, cependant, il ne faut pas oublier que les frais d’entretien et d’éventuelles réparations doivent être prévus. En effet, les biens immobiliers anciens nécessitent souvent des travaux pour rester conformes aux normes en vigueur. Il ne faut surtout pas hésiter à faire appel aux services d’un expert pour déceler les moindres risques qui pourraient handicaper votre placement retraite.

Bien que les biens immobiliers neufs coûtent plus chers à l’achat, ils permettent de profiter de certains avantages fiscaux si vous respectez les conditions imposées par les dispositifs de défiscalisation (loi Scellier, Scellier BBC, LMNP, LMP…). Sachez que la loi Scellier et ses variantes seront abrogées à la fin de l’année 2012. Bien qu’après les coups de rabot fiscaux leurs avantages sont quelque peu réduits, ils demeurent intéressants pour effectuer un investissement immobilier rentable.

Même si le loyer des petites surfaces semble plus élevé (jusqu’à 7 % du prix d’achat), ce type de bien immobilier n’est pas toujours plus lucratif qu’un logement familial. En effet, les locataires n’y restent pas très longtemps : les vacances locatives plus fréquentes et des frais d’entretien s’accumulent et entrainent des pertes beaucoup plus conséquentes au fil des années. Avec un appartement T4, malgré le fait que les loyers ne représentent que 3,6 et 5,7 % du prix d’achat, les revenus locatifs sont plus réguliers.

d-Les SCPI

Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) restent des options très intéressantes pour les retraités faiblement imposés ou pour les investisseurs qui doivent résorber des déficits fonciers.

Investir dans une SCPI à crédit permet de profiter d’une faible imposition. Ces types de placements sont intéressants parce que leur rendement est à la fois élevé et régulier. En effet, au cours des deux dernières décennies, les SCPI ont assuré un rendement de 6,8 % par an grâce à la rentabilité accrue de l’immobilier d’entreprise par rapport à celui d’habitation. Les SCPI classiques offrent des revenus intéressants. Il est possible de s’informer sur la qualité d’un bien immobilier et sur son taux d’occupation en consultant le site web du gestionnaire. La maitrise de la collecte est également importante pour profiter de revenus stables. Il est conseillé de ne pas choisir les SCPI fiscales si vous souhaitez vous constituer un revenu complémentaire pour la retraite : l’avantage fiscal qui en découle ne couvre pas le rendement faible et le caractère aléatoire de la plus-value.

e-Les placements immobiliers gérés

Les placements immobiliers gérés sont idéals pour bénéficier d’un revenu complémentaire stable à la retraite : vous avez le choix entre 5 types de placements : les résidences de séniors, les résidences étudiantes, les résidences d’affaires, les résidences de tourisme et les EHPAD (Établissement d’Hébergement pour les personnes âgées dépendantes).

Les EHPAD sont les investissements sûrs qui présente un taux de rentabilité compris entre 4,6 % et 5,5 % : en effet, les établissements médicalisés restent insuffisants pourtant le nombre de personnes dépendantes va encore augmenter au cours des prochaines années. Les résidences de tourisme sont également intéressantes si leurs emplacements sont stratégiques (en bord de mer, station de ski, sites touristiques…). Si vous êtes plutôt tenté par les logements pour étudiants, préférez les biens qui se trouvent à proximité d’une grande université urbaine. Si vous investissez dans les zones peu fréquentées, il suffit de l’aménagement d’un campus ou de la délocalisation de la faculté pour que votre investissement ne soit plus bénéfique.

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3-Préparer sa retraite avec des formules financières

 

 

Outre les placements immobiliers, il existe encore d’autres types d’investissements financiers qui peuvent vous aider à vous constituer un revenu complémentaire pour la retraite. Avant de choisir, il convient de connaitre les avantages et les limites de chaque produit.

a-Le PERP

Le plan d’épargne retraite populaire est un produit qui permet de se constituer un revenu complémentaire pour la retraite. L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite à moins que le souscripteur ne devienne invalide ou que ses droits aux allocations de chômage aient expiré. Lors du déblocage, le bénéficiaire percevra 20 % de l’épargne. Les 80 % restants seront transformés en rente viagère imposable. Si le signataire décède pendant la période d’épargne, la somme cumulée sera versée sous forme de rente à ses ayants droit. Il est toujours possible de réaliser un transfert d’un PERP d’un établissement à l’autre, mais il s’agit d’une action plutôt onéreuse.  

Il faut savoir que le rendement d’un PERP n’est pas très élevé (3 % au maximum). Le montant des rentes varie en fonction de l’âge de souscription, de la durée de cotisation et du montant des versements effectués. Mais la plupart du temps, c’est un revenu médiocre qui n’est pas proportionnel à la durée et à l’effort d’épargne qui en découle.

b-Le PERCO

Le PERCO (Plan d’Épargne retraite collectif) est l’une des meilleures formules pour préparer sa retraite. Grâce à la participation de l’entreprise à hauteur de 50 % depuis la réforme de la retraite de 2010, le travailleur n’a pas besoin de verser une cotisation élevée pour profiter d’un revenu complémentaire à la retraite : en effet, l’abondement peut aller jusqu’à 300 % des cotisations du salarié. Le PERCO est transférable quand le souscripteur change d’entreprise. Bien que l’épargne doit être bloquée jusqu’à la retraite, il y a plusieurs cas particuliers qui permettent de demander un déblocage anticipé entre autres : le surendettement, l’expiration des droits au chômage et l’achat d’une première résidence principale. Lorsque l’âge légal de la retraite est atteint et que le moment du déblocage est arrivé, le bénéficiaire peut recevoir son épargne sous forme de capital exempté d’impôt (les prélèvements sociaux ne sont pas supprimés) ou sous forme de rente viagère faiblement imposée.

c-L’article 83

Ce type de contrat est prévu par le Code des impôts. Établi par décision unilatérale du dirigeant ou par un accord d’entreprise, « l’article 83 » permet de bénéficier d’un revenu complémentaire à la retraite avec le concours de l’employeur. Il est également appelé contrat à cotisation définie parce que c’est l’employeur qui fixe le montant des primes qu’il paye intégralement ou partiellement en contrepartie de certains avantages fiscaux. Les cotisations sont gérées par des professionnels qui les investissent dans des supports plutôt lucratifs jusqu’à la retraite du souscripteur. Il existe quelques cas particuliers qui permettent de débloquer les fonds plus tôt : entre autres, le surendettement, le décès du conjoint, l’invalidité et la perte des droits au chômage. Ce type de contrat est transférable si le nouvel employeur propose aussi un article 83 à ses salariés. Sinon, l’employé conserve ses droits de retraite acquis.  

d-La retraite chapeau

La retraite chapeau ou « article 39 » est un contrat mis en place par la décision unilatérale des employeurs ou par un accord d’entreprise. En général, la retraite chapeau est proposée aux cadres dirigeants qui arrivent à la fin de leur carrière et qui ne peuvent plus bénéficier des déductions fiscales prévues par les autres régimes de retraite complémentaire. Cependant, il y a une condition qu’il faut respecter : comme le contrat est intégralement financé par la société, le bénéficiaire perd ses droits s’il venait à la quitter avant l’âge de la retraite. En effet, c’est l’entreprise qui s’engage ici à verser une rente viagère dont le montant est préalablement fixé. La rente peut être additionnelle (calculée sur un pourcentage du salaire de fin de carrière) ou différentielle (complément pour atteindre un niveau de revenu prédéfini).

En général, ces différents types de placements sont cumulables afin de permettre aux retraités de subvenir à leurs besoins tout en profitant de leur temps libre.

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