Le bon moment pour prendre sa retraite

Mercredi 11 Avril 2012 - Préparer sa retraite

Le bon moment pour prendre sa retraite

Comment déterminer le bon moment pour prendre sa retraite.
La réforme de la retraite du 9 novembre 2010 a apporté de nombreux changements qu’il faut connaitre avant de prendre une décision. Il est important de bien s’informer, en particulier, si vous voulez partir plus tôt tout en profitant d’une retraite satisfaisante.  

A-Les dates essentielles qu’il faut connaitre

Pour partir à la retraite, l’assuré doit d’abord faire une demande en bonne et due forme auprès de sa caisse de retraite. Cette demande peut être déposée dès qu’il atteint l’âge légal de départ en retraite, mais il peut aussi attendre l’âge du taux plein pour toucher une pension de retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres qu’il a validés.
1-L’âge légal du départ à la retraite
Depuis la réforme de la retraite de 2010, l’âge légal du départ à la retraite n’est plus fixé à 60 ans pour toutes les générations. Les assurés nés à partir du 1er juillet 1951 doivent attendre l’âge de 60 ans et 4 mois pour pouvoir partir à la retraite. Le report se fait progressivement : l’âge légal de retraite augmente ainsi de 4 mois d’année en année et s’arrête à 62 ans pour les travailleurs nés à partir de 1956. Ainsi, les personnes nées en 1952 pourront partir en retraite à 60 ans et 8 mois ; les travailleurs nés en 1953 auront le droit de demander la liquidation de leurs droits à la retraite à 61 ans ; ceux qui sont nés en 1954 peuvent déposer leur demande à 61 ans et 4 mois ; l’âge légal de la retraite est fixé à 61 ans et 8 mois pour les individus nés en 1955.
2-L’âge légal du taux plein
La dernière réforme de la retraite prévoit également le report progressif de l’âge légal du taux plein. Il passera donc de 65 à 67 ans de 2011 à 2016. Lorsqu’un assuré décide d’attendre l’âge légal du taux plein pour prendre sa retraite, il bénéficie d’une pension de retraite à taux plein quel que soit la durée de sa cotisation. Ainsi, les assurés nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1951 peuvent profiter d’une retraite à taux plein dès qu’ils atteignent l’âge de 65 ans et 4 mois ; si vous êtes nés en 1952, vous pourrez partir avec un taux plein à 65 ans et 8 mois ; pour ceux qui sont nés en 1953, l’âge légal du taux plein est fixé à 66 ans ; les personnes nées en 1954 percevront une pension de retraite à taux plein à partir de 66 ans et 4 mois ; ceux qui sont nés en 1955 bénéficient du taux plein à 66 ans et 8 mois ; les particuliers nés à partir de 1956 ne profiteront du taux plein qu’à 67 ans.
 

B-Tenir compte du montant de sa pension

L’âge du départ à la retraite doit également être choisi en fonction du montant de la pension de retraite. En effet, le taux plein de la retraite de base est égal à 50 % du dernier salaire perçu. Pour bénéficier d’une pension intéressante, il est préférable de valider un nombre de trimestres suffisants avant de déposer sa demande de retraite. S’il attend l’âge légal de l’obtention du taux plein pour faire une demande, l’assuré perçoit une pension à taux plein même si la durée de cotisation requise n’est pas atteinte.
1-Partir avant l’âge légal de la retraite
 Bien que l’âge légal de la retraite soit fixé et varie actuellement de 60 à 62 ans, il y a des cas exceptionnels qui permettent de partir plus tôt.
Les fonctionnaires en service actif peuvent demander leur retraite de 55 à 57 ans en évoquant la pénibilité de leur travail : contrôleurs aériens, CRS, douaniers, policiers et personnels de pénitenciers. Les agents de la fonction parapublique (mineurs de fond, mécaniciens de la SNCF) sont également concernés par ce dispositif.
Les travailleurs lourdement handicapés et les travailleurs ayant commencé à travailler entre 14 et 16 ans peuvent partir avant 60 ans. Ceux qui ont débuté leur carrière à 17 ans pourront demander la retraite à 60 ans. Cependant, ils doivent cumuler un nombre de trimestres suffisants.
2-Le montant de la pension à l’âge légal de départ en retraite
Atteindre l’âge légal de départ à la retraite ne signifie pas forcément pour l’assuré qu’il touchera une pension à taux plein. En effet, pour avoir en avoir le droit, il doit valider un nombre de trimestres suffisant : les assurés nés avant 1949 doivent cumuler 160 trimestres pour percevoir une pension à taux plein ; ceux qui sont nés en 1949 ont besoin de 161 trimestres ; pour les personnes nées en 1950, il faut 162 trimestres ; les individus nés en 1951 doivent avoir 163 trimestres ; si vous êtes nés en 1952, il vous faut 164 trimestres pour bénéficier du taux plein avant l’âge légal du taux plein ; pour les personnes nées à partir de 1953, il faut valider 165 trimestres. Pour les assurés nés en 1955 et 1956, le nombre de trimestres sera fixé par un décret.
Si le nombre de trimestres requis n’est pas atteint, il est préférable de continuer sa carrière professionnelle pour cumuler un nombre de trimestres suffisant ou pour atteindre l’âge du taux plein. Sinon, la pension de retraite sera minorée.  
3-Toucher une pension au taux plein
Lorsque l’assuré atteint l’âge légal de la retraite à taux plein, il bénéficie immédiatement du taux plein quel que soit sa durée de cotisation. Sa retraite complémentaire s’aligne également. Il est donc plus judicieux d’attendre cet âge si l’assuré n’a pas validé un nombre de trimestres suffisant au cours de sa carrière.
4-Le cas de l’assuré qui dépasse l’âge légal du taux plein
 
Certains travailleurs décident de continuer de travailler au-delà de l’âge légal du taux plein pour rester actif ou tout simplement parce qu’ils aiment leur travail. Dans ce cas, l’employeur a le droit d’appliquer la mise à la retraite d’office entre l’âge légal du taux plein et le 70e anniversaire de l’employé, si ce dernier y consent.
5-La pension de retraite complémentaire
Comme la pension de retraite de base est plutôt faible (taux plein = 50 % du dernier salaire), les travailleurs doivent cotiser pour profiter d’une ou de plusieurs retraites complémentaires. Ces revenus complémentaires permettront aux travailleurs d’améliorer leur pouvoir d’achat et leur niveau de vie lorsqu’ils seront à la retraite. Lorsque l’assuré bénéficie d’une retraite de base à taux plein, sa retraite complémentaire est également versée à taux plein. Dans le cas contraire, la retraite complémentaire subit une décote au même titre que la pension de base. Si la durée de cotisation minimale n’est pas atteinte, il est donc réellement préférable d’attendre l’âge légal du taux plein.
 

C-La retraite anticipée, qui peut en bénéficier ?

Malgré le report de l’âge légal de départ en retraite, il existe des cas particuliers qui permettent de partir plus tôt si les conditions requises sont remplies.
1-Retraite anticipée pour longue carrière
Pour les travailleurs qui ont commencé leur carrière avant 18 ans, il est possible de demander leur retraite à partir de 56 ans s’ils justifient d’une durée de cotisation suffisante et d’un nombre de trimestres minimal au début de leur carrière. Voici le détail des conditions à remplir pour pouvoir demander une retraite anticipée pour longue carrière.
Année de naissance
Âge minimum de départ en retraite
Durée d’assurance validée pour tous les régimes de base
Durée d’assurance cotisée pour tous les régimes de base
Durée d’assurance en début de carrière
1951
À partir de 59 ans
171 trimestres
163 trimestres
5 trimestres validés avant la fin de l’année calendaire de ses 17 ans. Pour les travailleurs nés d’octobre à décembre, il faut 4 trimestres validés pendant l’année calendaire de leurs 17 ans
1951
À partir de 58 ans
172 trimestres
168 trimestres
5 trimestres validés avant la fin de l’année calendaire de ses 16 ans. 4 trimestres validés pendant l’année civile de ses 16 ans
En 1952
À partir de 59 ans et 4 mois
172 trimestres
164 trimestres
5 trimestres validés avant la fin de l’année calendaire de ses 17 ans. 4 trimestres validés pendant l’année civile des 17 ans pour les travailleurs nés d’octobre à décembre 1952
1953
À partir de 57 ans
173 trimestres
173 trimestres
5 trimestres validés jusqu’à la fin de l’année calendaire des 16 ans. 4 trimestres pour les personnes nées pendant le dernier trimestre de l’année 1953
1953
À partir de 58 ans
173 trimestres
169 trimestres
5 trimestres validés jusqu’à la fin de l’année calendaire des 16 ans. 4 trimestres pour les personnes nées pendant le dernier trimestre de l’année 1953
1954
À partir de 56 ans
173 trimestres
173 trimestres
5 trimestres validés avant la fin de l’année calendaire des 16 ans. 4 trimestres validés avant la fin de l’année civile des 17 ans pour les personnes nées pendant le dernier trimestre de 1954
1954
À partir de 57 ans
173 trimestres
173 trimestres
5 trimestres validés avant la fin de l’année calendaire des 16 ans. 4 trimestres validés avant la fin de l’année civile des 17 ans pour les personnes nées pendant le dernier trimestre de 1954





 

 
2-Retraite anticipée pour les travailleurs handicapés
Les travailleurs qui ont exercé une activité professionnelle avec un taux d’incapacité minimal de 80 % peuvent partir à la retraite dès 55 ans sous certaines conditions. Depuis 2011, ils doivent cumuler un nombre de trimestres suffisants pour prétendre à une retraite anticipée.
Année de naissance
Âge minimum de départ à la retraite
Durée d’assurance validée pour tous les régimes de base
Durée d’assurance cotisée pour tous les régimes de base
1951
À partir de 59 ans
83 trimestres
63 trimestres
1952
A partir de 58 ans
94 trimestres
74 trimestres
1952
À partir de 59 ans
84 trimestres
64 trimestres
1953 et 1954
À partir de 56 ans
115 trimestres
95 trimestres
1953 et 1954
À partir de 57 ans
105 trimestres
85 trimestres
1953 et 1954
À partir de 58 ans
95 trimestres
75 trimestres
 
Ce tableau permet de connaitre le nombre de trimestres nécessaires et l’âge minimal à partir duquel les assurés handicapés peuvent demander leur retraite. Sont pris en compte tous les régimes de bases confondus dans la limite de 4 trimestres par an, les périodes qui ont fait l’objet de cotisations, mais aussi certaines périodes pendant lesquels l’assuré n’a pas cotisé : on peut citer entre autres la maladie, l’hospitalisation pendant une durée minimale de 60 jours, les périodes de guerre, le service militaire, le chômage, les invalidités, les majorations de durée d’assurance liées aux enfants…
La durée d’assurance au début de la carrière est une information indispensable pour savoir si l’assuré peut demander une retraite anticipée : il faut atteindre un nombre minimal de trimestres acquis au cours de l’année civile du 16e, du 17e ou du 18e anniversaire.
Il faut noter que les trimestres acquis à la suite d’un rachat Fillon effectué après le 13 octobre 2008 ne sont pas comptabilisés avec les trimestres validés, ni avec les trimestres cotisés, ni avec les trimestres de début de carrière.
3-La pénibilité
Le volet de la pénibilité est l’un des points essentiels de la réforme de la retraite de 2010. Il s’agit d’un dispositif qui permet à certains travailleurs de partir plus tôt en retraite en évoquant la pénibilité de leur travail. Ils peuvent prétendre à une compensation de la pénibilité s’ils ont travaillé en subissant de fortes contraintes physiques, en effectuant des travaux répétitifs et particulièrement épuisants, en adoptant des rythmes de travail accablants ou s’ils ont exercé leurs activités dans un environnement agressif pour la santé. Il existe d’autres cas que les responsables peuvent considérer comme des facteurs de pénibilité et qui peuvent faire l’objet d’une demande de retraite anticipée.
La compensation de la pénibilité permet de toucher une pension à taux plein même s’ils n’ont pas validé le nombre de trimestres requis.
Les assurés qui demandent une retraite anticipée en évoquant la pénibilité doivent remplir certaines conditions. Avec un taux d’incapacité supérieur à 20 % par exemple, la retraite à taux plein est immédiatement accordée. Par contre, si le taux d’incapacité varie de 10 à 20 %, le cas sera d’abord étudié par une commission médicale qui jugera si le facteur et la durée d’exposition sont assimilables à une pénibilité. La plupart du temps, il faut que l’assuré ait été exposé aux facteurs pendant une période minimale de 17 ans.
 

D-Autres dispositifs destinés à améliorer la retraite

Les travailleurs qui désirent améliorer leurs conditions durant la retraite peuvent continuer de travailler après l’âge légal de départ en retraite même s’ils ont atteint le nombre de trimestres requis pour bénéficier du taux plein.
1-La surcote
Lorsque le travailleur est à jour dans ses cotisations pour bénéficier de la retraite à taux plein, tous les trimestres travaillés et cotisés à compter de l’âge légal de départ à la retraite permettent d’obtenir une majoration du montant de la pension une fois qu’il demande la liquidation de ses droits à la retraite. Cette augmentation, appelée surcote, est applicable depuis le début de l’année 2004. Le taux de la surcote est de 1,25 % par trimestre travaillé et cotisé à partir du début de l’année 2009. La surcote permet donc de profiter d’un accroissement de 5 % par an de la pension de retraite.
2-Une indemnité pour compenser le départ à la retraite
Les commerçants et les artisans peuvent bénéficier d’une compensation de la perte de leurs fonds de commerce lorsqu’ils doivent arrêter leurs activités pour partir à la retraite. Ils peuvent bien sûr vendre leurs fonds de commerce pour jouir du capital investi dans leurs activités, mais il peut arriver qu’ils rencontrent des difficultés pour réussir cette démarche. Ils peuvent alors obtenir une « indemnité de départ » qui compense cette perte de fonds lorsqu’ils décident d’arrêter de travailler.
L’indemnité de départ est octroyée aux artisans et aux commerçants qui sont les propriétaires de leurs fonds et qui sont inscrits au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) ou au Répertoire des métiers (RM). Ils doivent également remplir certaines conditions : âge de départ à la retraite, niveaux de ressources, durée minimale d’adhésion aux régimes d’assurance vieillesse commercial et/ou artisanal.
Le dossier de demande d’indemnité de départ est étudié par une commission : la situation personnelle de l’assuré est évaluée pour fixer le montant de l’indemnité de départ qui lui sera accordée. Si c’est un chef d’entreprise qui souhaite obtenir une indemnité de départ, il ne doit pas procéder aux démarches de radiation du Registre du Commerce avant d’avoir reçu l’accusé de réception de son dossier de demande.
3-Une ou plusieurs retraites complémentaires
Dans le secteur privé, les travailleurs doivent toujours être affiliés à un régime de base et à un ou plusieurs régimes complémentaires. Ce système permet de toucher la pension de retraite payée par la Sécurité sociale et une ou plusieurs pensions versées par les caisses de retraite complémentaire. Si l’employeur propose à ses salariés de cotiser à un régime complémentaire, il participera aux cotisations. L’adhésion à un régime supplémentaire avec la participation de l’employeur dans les cotisations est un excellent moyen pour améliorer sa situation à la retraite.  
Pour les travailleurs du secteur public et les travailleurs libéraux, ils sont affiliés à un régime général obligatoire, mais aussi à un régime complémentaire obligatoire.

Une bonne préparation tout au long de la carrière permet ainsi de partir à la retraite dès l’âge légal de départ prévu tout en bénéficiant du taux plein.  

Avec retraite.net préparez votre départ à la retraite.

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